Coût de l’intérim : comment le faire baisser ?

Trop élevé, le coût de l’intérim ? Même si cette solution peut sembler a priori plus onéreuse que le recours au CDD, les coûts cachés générés par le recrutement d’un CDD en direct doivent être bien considérés. L’intérim peut souvent s’avérer plus avantageux, surtout si l’on sait actionner les bons leviers pour réduire la facture. Tours d’horizon des possibilités dans ce domaine.

Fort d’environ 6 500 agences réparties dans toute la France, le marché de l’intérim est à la fois bien-portant et concurrentiel(1). Du côté des acheteurs, il est relativement aisé de constituer des contrats-cadres avec les grands acteurs que sont Adecco, Manpower ou Randstad. Les grands groupes peuvent aussi parvenir à négocier des remises de fin d’année sur le volume d’achats annuel global. Mais il existe d’autres moyens de faire baisser le coût de l’intérim.

Coût d’un intérimaire : l’addition

Le coût d’un intérimaire s’élève à environ deux fois son salaire de base. Pour faire baisser ce coût, il est nécessaire de comprendre de quoi il est constitué. La facture éditée par une agence d’intérim comprend :
– le salaire de l’intérimaire,
– les charges sociales associées (+ 54 % de la rémunération totale brute du salarié),
– les indemnités de fin de mission (+ 10 %),
– les congés payés (+ 10 %),
– les coefficients de recrutement et de gestion (+ 20 %),
– la marge commerciale de l’agence, aussi appelée coefficient de facturation (+ 10 % environ).

Ce dernier élément, le coefficient de facturation, varie en fonction de la rareté du profil recherché et de l’agence prestataire. Il est envisageable de le négocier si votre entreprise dégage un volume de chiffre d’affaires suffisant.

Coefficients de recrutement et de gestion : négocier, c’est possible !

C’est surtout sur les coefficients de recrutement et de gestion qu’il vous est possible de déplacer un peu le curseur, en d’autres termes de négocier.

– Le coefficient de recrutement, également appelé de délégation, représente la somme de tous les coûts liés au recrutement de l’intérimaire : annonce sur des supports plus ou moins ciblés en fonction de la nature du poste, entretien, visite médicale, constitution du dossier, etc. Plus le poste qui fait l’objet de votre demande est spécialisé, plus le coefficient de recrutement est élevé.

– Le coefficient de gestion ne comprend que les frais de gestion administrative de chaque dossier : il est donc moins élevé.

Lorsque l’entreprise connaît l’intérimaire avec lequel elle souhaite travailler, la mission de l’agence se limite à la gestion administrative du contrat. Il s’agit pour elle d’un contrat de gestion, et non plus de recrutement. C’est donc le moment du passage d’un coefficient à l’autre qui est décisif. Généralement, en fonction de la nature des missions, ce passage s’opère au bout de 10 à 12 semaines. Votre objectif étant de bénéficier des taux les plus intéressants du marché en fonction du type de poste, du niveau d’études et de l’expérience de l’intérimaire, vous pouvez également négocier des coefficients par zone géographique selon les profils demandés.

Rappelons aussi que l’État rétrocède une partie de la rémunération brute mensuelle de l’intérimaire à l’agence d’intérim sur les bas salaires (compris entre 8,03 et 12,52 euros de l’heure). Dans la mesure où c’est votre entreprise qui, au bout du compte, rémunère l’intérimaire, vous pouvez évoquer ce point et l’utiliser comme levier en négociant les coefficients(2).

Bon à savoir : des frais de repas exonérés de cotisations sociales dans le BTP

Les conventions collectives du secteur du BTP établissent qu’un intérimaire ne rentrant pas chez lui le midi doit bénéficier d’une « indemnité de panier ». En 2015, l’ACOSS a précisé que cette indemnité versée pendant les 55 premiers jours calendaires de la mission est exonérée de cotisations sociales pour les intérimaires. Ce délai passé, des cotisations devront être payées si l’intérimaire travaille toujours sur le même site, c’est-à-dire s’il est affecté sur un seul chantier.

Le détachement intragroupe : optimiser l’affectation du personnel

Le meilleur moyen de faire baisser le coût de l’intérim est encore de n’y avoir recours qu’à bon escient, c’est-à-dire lorsqu’il n’existe pas de ressources internes disponibles. Or ces ressources existent souvent dans les secteurs dont certains sites connaissent des pointes de charges ponctuelles…. alors que d’autres sites sont au même moment en sureffectif !

Le problème posé par la mobilisation rapide de ces ressources – par exemple des commis de cuisine ou serveurs en surnombre en raison d’une activité moindre – peut être aujourd’hui facilement résolu grâce à une solution de détachement intragroupe performante. Une option qui séduit aussi bien les salariés (sécurisés dans leur emploi) que les DRH (qui peuvent l’utiliser pour soutenir la montée en compétence des profils demandeurs) et les directeurs opérationnels soucieux d’optimiser le ROI de l’affectation des personnels.

Comme on le voit, plusieurs leviers permettent de faire baisser le coût de l’intérim. Par ailleurs, à l’heure où les indicateurs de performance sont une tendance forte, rien ne vous interdit de demander à votre agence prestataire d’en intégrer dans les contrats. Cette démarche permet de définir un temps de recherche moyen, de prévoir des pénalités en cas de manquements, de préciser plus avant les profils demandés et d’adapter le processus de commande à vos besoins et spécificités.

(1) Voir le rapport économique et social du PRISME
(2) Pour aller plus loin sur les coefficients de recrutement et de gestion, lire la chronique de Charles Béniac dans le journal du Net

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