Contrats courts, compte pénibilité, hôtellerie-restauration : votre revue de presse et du web

 

La multiplication des contrats courts est un phénomène qui occupe de plus en plus souvent les colonnes de la presse, qu’elle soit écrite ou numérique. Enjeux présidentiels aidant, ce sujet suscite de nombreuses interrogations, dont celle de leur possible surtaxation. Autre sujet focalisant l’attention des médias, le compte pénibilité est entré en vigueur le 31 janvier. Qu’en est-il de sa mise en place effective, alors que certains misent sur son abrogation en cas d’alternance politique en juin ?

Les contrats courts sur le devant de la scène

« CDD. Les contrats de moins d’un mois ont explosé en quinze ans » : sur le site Boursorama, un article du 27 janvier résume cette évolution majeure sur le marché du travail. L’article détaille les secteurs les plus concernés : « les arts et spectacles, l’édition et l’audiovisuel, les activités pour la santé, l’hôtellerie-restauration, l’immobilier et l’enseignement privé ». Le journaliste conclut sur le « diagnostic partagé » qu’ont entrepris d’établir ensemble syndicats et patronat, en programmant jusqu’au 15 février une série de réunions préliminaires à une éventuelle réouverture des négociations.

Le syndicat Force Ouvrière s’intéresse de près, sur son site, à ce fameux diagnostic sur les contrats courts. Dans un article paru le 26 janvier, le syndicat considère l’analyse de l’Unedic (le gestionnaire de l’assurance chômage) « un peu réductrice ». Le journaliste rappelle par ailleurs que « seul un CDD sur cinq se transforme en CDI ».

S’appuyant lui aussi sur l’étude de l’Unedic, le Figaro met en exergue certains chiffres dans son article du 30 janvier. Le quotidien rappelle ainsi que « le nombre d’embauches en CDD de moins d’un mois a plus que doublé en quinze ans, passant d’un peu plus de 1,5 million par trimestre en 2000 à plus de 4 millions en 2016 ». Et souligne également qu’en 2012 « 84 % des CDD de moins d’un mois – et 69 % de l’ensemble des CDD – étaient des réembauches par un ancien employeur ».

Le site entreprise.news, dans son article du 1er février, adopte un angle différent sous le titre « Négociation Unédic : vers une surtaxation des contrats courts ? ». Le journaliste rapporte que l’Unédic « fait état d’un accord “implicite” entre les deux parties autour de cette forme d’embauche », l’entreprise y voyant un outil de flexibilité et les personnes employées pouvant disposer de revenus stables, mais de plus de temps libre que les autres salariés. Le propos est développé sur la tentation de certains gestionnaires de l’Unédic « d’imaginer un système de “bonus-malus” visant à faire payer les secteurs recourant le plus aux CDD très courts ». Une expérimentation pourrait être conduite dans ce sens sur certaines branches.

L’heure de vérité pour le compte pénibilité

« Pénibilité : 11 heures de négociations pour rien ? », telle est la question que pose France Culture sur son site le 31 janvier. Avec quelque raison sans doute, car si les entreprises avaient jusqu’au 31 janvier pour déclarer leurs salariés exposés à la pénibilité, l’article pointe que « certaines fédérations professionnelles jouent la montre en espérant l’annulation de ce dispositif ». Il y est aussi rappelé que si certaines branches ont mis en place des référentiels, « elles sont très peu nombreuses à l’avoir fait, 5 à ce jour, et dans les secteurs qui ne sont pas les plus exposés ». La Chimie et le Bâtiment, par exemple, n’ont pas de référentiels. Et la journaliste de relever que « ce compte pénibilité est devenu un marqueur politique ».

Le magazine Capital, lui, interroge les salariés dans un article du 31 janvier : vont-ils pouvoir bénéficier du compte pénibilité ? L’auteur liste les critères à remplir et revient sur le fonctionnement du dispositif. Libération, de son côté, entre davantage dans le détail des situations professionnelles permettant de bénéficier du fameux compte dans une publication du 1er février.

L’Express entreprise du 31 janvier s’adresse directement aux employeurs avec ce titre un brin anxiogène : « Pénibilité : ce que vous risquez si vous n’avez rien fait ». L’article rappelle que « la loi s’applique avec ou sans référentiel de branche », que « ne pas déclarer, c’est risquer de payer une majoration » et que les employeurs s’exposent à « des poursuites de la part des salariés s’estimant lésés ».

L’hôtellerie-restauration veut se faire entendre

L’élection présidentielle représente une occasion pour certains secteurs de se faire entendre. En première ligne, l’hôtellerie-restauration fourbit ses armes. Dans un article du 31 janvier, Les Echos fait état du Plan d’action à l’adresse des candidats aux élections de 2017 de l’Umih, principale organisation patronale de l’hôtellerie-restauration d’un secteur pesant « 7,4 % du PIB en 2015 et quelque 2 millions d’emplois ». L’organisation plaide pour la « création d’un fonds, soutenu par l’Etat et alimenté par tous les acteurs profitant du tourisme ».

Europe 1 revient sur son site, le 31 janvier, sur l’objectif de ce fonds équivalant à « une aide de 100 millions par an ». L’article cite notamment Roland Héguy, président de l’Umih, qui voit dans l’hôtellerie-restauration « un formidable levier de croissance, capable de créer de l’emploi durable et non délocalisable ». Et le professionnel d’interpeller les politiques en ces termes : « Quel autre secteur offre des perspectives de carrière aux jeunes ? Quel autre secteur participe autant au maillage territorial et maintient le lien social ? ». L’effort demandé, pointe l’article, se justifie d’autant que la filière a souffert d’une désaffection sensible depuis les attentats de 2015.

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